Docteur Arouna Abdoulaye Imam central de Calavi et de l’Atlantique à propos de la fête de la Tabaski : « Nous commémorons la manifestation de la foi, du dévouement et de sacrifice pour la cause de Dieu »



C’est le grand jour pour tous les musulmans du monde entier. La communauté musulmane commémore ce vendredi 31 juillet 2020 la fête de la Tabaski. Appelée fête d’Aïd el khébir, l’instant marque pour les croyants un moment de l’année pour témoigner sa foi et sa croyance puis sa soumission envers Allah. Selon l’Imam central d’Abomey-Calavi et du département de l’Atlantique, Docteur Arouna Abdoulaye, c’est le jour le plus glorieux de l’année. Cet Imam, enseignant à l’institut de langue arabe à l’Université d’Abomey-Calavi insiste qu’il faut miser sur la spiritualité qui est plus important dans la vie d’un fidèle. A l’en croire, il faut absolument cette commémoration pour témoigner la manifestation de la foi en Allah. Il a invité au respect des mesures barrières pendant la célébration. C’est pourquoi, il a d’ailleurs souligné que les musulmans du Bénin vont faire à l’occasion une prière spéciale pour le Bénin et le monde afin que la pandémie du coronavirus soit éloignée de la terre des hommes.

Demain, c’est la fête de la Tabaski. Que peut-on retenir de cette fête ?

On est en train de faire les préparatifs. Tout passe d’abord par les préparatifs spirituels, parce que la spiritualité est ce qui nous préoccupe plus que le visible ou l’apparence. Nous commençons d’abord par le spirituel. Car nous devons avoir une pieuse pensée envers notre Seigneur Allah, lui demander pardon, évoquer abondamment son nom, surtout en ce grand jour d’Arafat. Le jour d’Arafat est le jour le plus glorieux de l’année lunaire qui compte 360 jours. Ce jour est le plus grand jour spécial. C’est un jour où le musulman est appelé à faire beaucoup d’invocations, d’adorations et beaucoup de prières. Il est appelé à faire beaucoup d’invocations du nom d’Allah tout en préparant la fête de la Tabaski pour le lendemain. Si les moyens sont au rendez-vous, nous devons apprêter une bête, un bélier pour pouvoir le sacrifier le jour de l’Aïd et le partager aux amis, faire de l’aumône dedans et réserver une partie pour la maison. Donc nous sommes en pleine adoration. Nous espérons que ce que nous disons ici puisse servir aux lecteurs afin que nous parvenons ainsi à faire œuvre utile.

Vous avez dit que le jour de l’Aïd, une bête sera immolée. Qu’est-ce que cela signifie ?

Ce geste signifie l’adhésion à la tradition des prophètes. Des prophètes commençant par Ibrahim, père de Dieu qui est le premier à sacrifier une bête à la place de son fils unique à l’époque qui est Ismaïl. Il a vu dans son songe qu’il était en train d’immoler son fils. Le lendemain, il a raconté cela à son fils et lui a demandé ce qu’il en pensait. Très courageux et avec foi, le fils répondit : ô mon père, fais ce qu’on t’a recommandé. Tu me verras parmi les passés. Il a été patient, endurant et persévérant. Ibrahim a voulu exécuter et a amené son fils sur le lieu d’exécution. C’est là où il a pris le couteau et l’a posé sur la gorge de son fils qu’Allah a eu pitié de ce fils puis a envoyé un ange avec un bélier blanc pour remplacer ce dernier. Ce récit témoigne de la loyauté d’Ibrahim, le papa et de la soumission qu’incarne Ismaïl, le fils. Ils ont passé ainsi l’épreuve avec succès. C’est cela que les musulmans commémorent chaque année, le dixième jour du dernier mois lunaire de l’année. C’est une manifestation de la foi, du dévouement et de sacrifice pour la cause de Dieu.

Est-ce que l’Imam a une prière spéciale pour le Bénin ?

Nous prions toujours pour le Bénin. Les musulmans prient toujours pour la Nation. Cela fait partie de notre devoir d’ailleurs. Prier pour sa Nation, prier pour son peuple est une obligation. Chaque jour que Dieu fait, nous prions pour nos dirigeants, pour nos populations ainsi que pour nous-mêmes et nos familles. C’est pourquoi en ce jour de Arafat, il nous est recommandé de faire une prière spéciale qui est de dire ‘‘ La Ilaha Illa Allah wahdahou La Charika Lah, Lahou Al Moulkou wa Lahou Al Hamd wa Houwa Ala Kouli Chay’ine Qadir’’. Je viens de réitérer cela dans cet entretien afin que ce soit gravé pour que d’autres lecteurs puissent imiter cela afin que nos prières remontent jusqu’à Dieu. Donc nous prions pour le Bénin. La paix, la stabilité, le rayonnement, l’émergence, le bien-être. La paix, rien que la paix. Nous demandons spécialement à Allah le Puissant de nous évacuer la pandémie du coronavirus, de l’amener très loin de nous, de protéger notre peuple et de guérir tous ceux qui sont encore malades de ce mal. Nous demandons aussi à Dieu d’accueillir tous ceux qui sont décédés et de leur accorder sa miséricorde. Nous souhaitons également que Dieu garde ceux qui ne sont pas malades, qu’il les préserve et les assiste.

Parlant justement de la pandémie, elle n’est pas sans impact sur la célébration de la Tabaski. Comment comptez-vous vous organiser face à cela ?

Ce n’est pas habituel de faire la prière de l’Aïd dans les mosquées. Mais nous y sommes contraints malheureusement compte tenu des mesures barrières, des mesures de précautions et de sécurité que nous sommes en train d’observer dans tout le pays comme d’ailleurs c’est le cas dans tous les pays du monde. Nous allons faire avec pour gérer la fête et prier pour que ce mal quitte le monde au plus tôt afin que la vie revienne à la normale.

Votre mot de la fin

Prière, santé, bénédiction et beaucoup d’avoirs, beaucoup de foi et beaucoup de croyance et soumission à Allah qui est l’Unique Dieu qui n’a pas d’associé.

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