Opposition béninoise : les nouveaux reproches du cadre de concertation à la rupture

 


« Le débat sur un troisième mandat est clos et ne doit même pas existé », déclare l’opposition

Le Cadre de concertation des forces politiques de l'opposition béninoise fait une nouvelle sortie médiatique. A l’issue d’une assemblée générale extraordinaire tenue au siège du parti « Les Démocrates » lundi ce 03 février 2025, le cadre a rendu public une déclaration. Lors de leurs travaux, les représentants des partis politiques ont exploré l’actualité nationale. Eugène Azatassou et son cercle se sont penché sur plusieurs sujets notamment les dernières rumeurs autour du 3ème mandat au Bénin et l’excès de zèle des autorités qui empêchent les activités des partis et mouvements politiques de l’opposition.

Le cadre de concertation de l’opposition reste ferme et constant sur sa position. Il n’y a pas de place pour tordre davantage le cou aux lois de la République. La liberté de réunion consacrée par la Constitution doit être préservée. Surtout, dans la déclaration présentée par Expérience Tèbè, le cadre de concertation est resté draconien. Le sujet sur un troisième mandat n’a pas sa raison d’être puisque la question est déjà tranchée par la loi fondamentale du pays. Le reste, le creuset de l’opposition réitère sa détermination à œuvrer pour l’aboutissement de l’audit du fichier électoral afin de dresser le tapis vert aux élections libres, inclusives, transparentes et équitabilité en 2026, gage d’une paix durable.

 Par Innocent DÈGNY 


DÉCLARATION DU CADRE DE CONCERTATION DES FORCES POLITIQUES DE L’OPPOSITION APRÈS SON ASSEMBLÉE GÉNÉRALE AU SIEGE DU PARTI LES DÉMOCRATIES

 

Le Cadre de Concertation des Forces Politiques de l’Opposition s’est réuni en Assemblée Générale pour examiner la situation politique et institutionnelle de notre pays. À l’issue de cette rencontre, nous faisons le constat alarmant d’une dérive autoritaire du régime de la rupture qui s’accentue, marquée par la remise en cause des droits fondamentaux et la répression de toute voix dissidente. Depuis plusieurs semaines, une campagne orchestrée par des proches du pouvoir tente d’imposer dans l’opinion publique l’idée absurde d’un troisième mandat. Nous voulons être clairs et sans ambiguïté : il n’existe aucune possibilité d’un troisième mandat pour Patrice Talon. Point final. Ce débat n’a aucun fondement juridique ou politique. Notre Constitution a déjà tranché cette question, et il est totalement inutile et irresponsable de chercher à en faire un sujet de discussion.

Nous dénonçons cette manipulation grossière qui n’a qu’un seul objectif : détourner l’attention des véritables défis auxquels notre pays est confronté.

Ce débat est clos. Il ne doit même pas exister.

 Il est inacceptable que ceux qui appellent à violer la Constitution soient libres de s’exprimer, alors que ceux qui défendent la démocratie sont réprimés.

 Nous assistons à une politique du deux poids, deux mesures, où l’on protège ceux qui prônent l’illégalité et où l’on persécute ceux qui demandent le respect des lois.

Nous refusons de tomber dans cette distraction inutile et appelons les citoyens à ne pas se laisser manipuler. Au-delà de ce faux débat, nous constatons une remise en cause brutale des libertés fondamentales dans notre pays. Le droit de réunion et de manifestation, pourtant garanti par la Constitution, est aujourd’hui bafoué de manière systématique.

 

Les syndicats ont été empêchés de rendre hommage aux soldats tombés sur le champ de bataille, un acte pourtant symbolique et patriotique qui aurait dû unir toute la nation. Les partis politiques sont interdits de se réunir librement, sous des prétextes fallacieux, empêchant ainsi toute organisation démocratique normale. Les manifestations publiques sont systématiquement interdites ou réprimées, empêchant les citoyens d’exprimer leurs préoccupations légitimes.

Nous dénonçons cette dérive inacceptable qui vise à museler toute forme d’expression politique et sociale. Un pays où le droit de réunion est supprimé, où les manifestations sont interdites et où l’opposition est traquée n’est plus une démocratie. Le régime actuel a fait le choix de la répression plutôt que celui du dialogue et de la transparence.

Mais nous disons avec force :

 Aucune répression ne fera taire la volonté de changement du peuple.

Aucune interdiction ne pourra empêcher l’expression de la vérité et de la justice.

Les libertés fondamentales ne sont pas une faveur du pouvoir, elles sont un droit constitutionnel inaliénable.

Le rôle du Président de la République aujourd’hui, son seul et unique devoir, est d’assurer l’organisation d’élections libres, transparentes et inclusives.

Nous exigeons : Un climat politique apaisé, sans répression des voix dissidentes.

La fin des interdictions abusives de réunions et de manifestations.

L’arrêt immédiat des persécutions contre les opposants, les militants et les syndicats.

Un processus électoral crédible et ouvert à toutes les forces politiques.

Les citoyens béninois ne doivent pas être privés de leur droit fondamental à choisir librement leurs dirigeants.

Face à cette situation préoccupante, le Cadre de Concertation des Forces Politiques de l’Opposition a officiellement saisi la communauté internationale par une lettre ouverte, signée par les 28 députés de l’Opposition, pour l’alerter sur la violation des droits fondamentaux et la menace pesant sur l’avenir démocratique du Bénin.

Nous ne permettrons pas que le Bénin, autrefois cité en exemple pour sa démocratie, sombre dans l’autoritarisme et la répression généralisée. Nous appelons tous les citoyens béninois, toutes les forces vives de la nation, les organisations de la société civile, les syndicats, les jeunes, les femmes, les leaders d’opinion et toutes les consciences démocratiques à se mobiliser massivement.

Ne nous laissons pas distraire par de faux débats.

Restons concentrés sur l’essentiel : défendre nos droits et exiger des élections libres et transparentes.

 La démocratie ne se négocie pas, elle se défend.

Nous réaffirmons notre engagement total à lutter contre toute tentative de confiscation du pouvoir, à défendre l’alternance démocratique et à exiger le respect des libertés fondamentales.

Le Bénin appartient à son peuple, et c’est lui seul qui doit décider de son avenir.

 

Fait à Cotonou, le 3 février 2025

 

Le Cadre de Concertation des Forces Politiques de l’Opposition.

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