Dette répétée au Bénin : Julien Kandé Kansou rappelle à Gabin Allognon ce qu'il semble oublier
Réponse par rapport à la dette répétée du Bénin à monsieur Gabin ALLOGNON, administrateur des Services Financiers A1-8
Pour avoir fait un bac scientifique, je sais que nous avons les pays pauvres et les pays endettés. Et les pays endettés, l'expression renvoie à l'extrême pauvreté. Notre pays avec ce qu'on observe peut être classé parmi les pays endettés.
La dette, quand je me suis tourné vers le dictionnaire, c'est ce qu'on nous propose
"orthographe ▼ dérouler
dette \dɛt\ féminin
Somme due à un créancier.
Quoique […] j’eusse économisé quelques sous sur mes omnibus et mes déjeuners, il me fallut, plusieurs fois, avoir recours à l’obligeance d’un ami afin de payer des termes en retard et les dettes criardes. ▼ dérouler
Vers 1929, ce réseau de dettes enchevêtrées était si serré que l’on estimait que le service des dettes de l’État, des fermiers et des industriels, absorbait les trois quarts des revenus du pays. ▼ dérouler
Des créanciers qui réclament le remboursement de leurs dettes excitent toujours les rancœurs de leurs débiteurs. ▼ dérouler
Ce serait un comble que pour sortir de la crise financière, on oriente l’épargne vers les dettes souveraines. Je préfère qu’on stimule l’économie par la production. ▼ dérouler
Alcolo génétique, Bibo ne taffait pas et croulait sous les dettes, larguait toute sa thune dans la boisson et de temps en temps dans un tapin du cours de Vincennes.
De cette définition, on en déduit clairement que la dette n'est pas ce qui permet à un Etat pauvre de se développer, mais la stimulation de la production. Et si vous pouvez lire ma lettre ouverte adressée au ministre des finances, vous verrez clairement ma position. Celle de stimuler la production.
Mais on connaît le climat des affaires au pays avec la fermeture des frontières, le problème dû à la gestion des entreprises, les taxes, ce qui n'encourage pas la production proprement dite, mais une économie de subsistance. Pour éviter les dettes, il faut vraiment négocier l'ouverture des frontières sans contraintes de domination mais de partenariat gagnant-gagnant avec le Nigeria. Il faut permettre aux investisseurs nationaux et internationaux de trouver un climat favorable aux affaires. Il faut payer un bon salaire pour stimuler les travailleurs, leurs permettre de faire le tourisme interne tout en valorisant les potentiels culturels du Bénin. Il faut sécuriser les emplois et de revoir les taxes afin de mieux encourager la production locale et sa consommation. Il faut un climat politique bien apaisé pour rassurer les investisseurs. Il faut les obliger à recruter avec de modalités des béninois.
Pour un pays en voie de développement, on travaille à valoriser le capital humain. On ne fait pas des emprunts et quand cela arrive à l'échéance on fait d'autres emprunts pour payer en augmentant inutilement et de façon suicidaire les bénéfices.
Quand je vais me pencher sur la question en tant que manager culturel, la dette c'est pour investir ce qu'on a emprunté pour avoir des bénéfices pour payer à tant. Mais dans ce cas de figure, je ne le crois pas, car, depuis qu'on parle des emprunts, je ne vois pas les réalisations conséquentes qui pourront nous permettre de se satisfaire. Les conditions d'emprunt ne nous rassurent point car, vous savez qu'avec la nouvelle constitution on n'a plus besoin des députés avant de lever les fonds sur le marché financier. On a plus droit à des questions sérieuses au gouvernement, ce qui justifie d'ailleurs notre prise de position sur la question.
Si la dette servirait à la survie de l'État, cela nous donne l'impression bien sûr puisque tous les mois portent la grossesse de l'emprunt, ce n'est que le fait d'hypothéquer l'avenir de nos enfants.
Julien Kandé KANSOU, poète engagé, dramaturge, analyste politique, fabuliste, manager culturel.
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